Belcier : le quartier le mieux classé de Bordeaux, et la fracture qui le traverse

La rue Beck, dans le quartier Belcier à Bordeaux
William Ellison / CC BY-SA 4.0

En bref

Dans un rayon de 700 mètres autour de la rue Belcier, à Bordeaux, 38,3 % des logements diagnostiqués atteignent les classes A ou B et seulement 2,8 % sont classés F ou G. C'est le profil énergétique le plus favorable mesuré à Bordeaux, porté par la construction récente d'Euratlantique.

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Un profil énergétique atypique

Les données publiques de l'ADEME permettent de mesurer un quartier, et pas seulement une commune. Dans un rayon de 700 mètres autour de la rue Belcier, 2 140 diagnostics ont été réalisés.

Le résultat tranche avec le reste de la ville : 38,3 % de classes A ou B, 36,8 % de C, et 2,8 % de passoires classées F ou G. Une précision de méthode : il s'agit d'un rayon, pas d'un périmètre administratif, et les secteurs voisins mordent partiellement dessus.

Ce que la construction récente a changé

L'explication tient en une ligne de données. Les 818 logements construits entre 2013 et 2021 affichent 82,6 % de classes A ou B et 0,0 % de passoires.

Ce seul segment représente 38 % des diagnostics du secteur. Ceux de 2006-2012, 245 diagnostics, suivent à 31,4 % de A-B. Le quartier a concentré une part importante de la production neuve bordelaise de la décennie, et son étiquette moyenne en porte la marque.

L'autre Belcier, celui d'avant

La moyenne masque pourtant deux marchés distincts. Les 480 logements antérieurs à 1948 du secteur affichent 9,8 % de passoires et seulement 3,8 % de classes A ou B.

La génération 1948-1974, 123 diagnostics, est à 8,9 %. Et les 182 logements de 1989-2000, pourtant récents à l'échelle du bâti, plafonnent à 0,0 % de A-B : construits avant les réglementations thermiques exigeantes, ils ne descendent pas sous la classe C.

Pour un vendeur, l'écart est considérable : deux biens à quelques rues l'un de l'autre peuvent se situer aux deux extrémités de l'échelle.

Le réseau de chaleur, facteur décisif

Un chiffre domine tous les autres. Les 778 logements raccordés au réseau de chauffage urbain du secteur affichent 90,1 % de classes A ou B et 0,0 % de passoire.

À comparer aux 527 logements au gaz naturel, à 1,1 % de A-B, et aux 828 chauffés à l'électricité, à 13,3 %. Le rapport est de un à quatre-vingt-deux avec le gaz.

Ce résultat combine deux effets : le réseau dessert principalement le bâti neuf, déjà performant, et son contenu carbone joue favorablement dans le calcul du DPE. Les deux se cumulent.

Maisons et appartements ne jouent pas dans la même catégorie

La répartition par type de bien confirme la fracture. Les 1 959 appartements du secteur atteignent 41,3 % de classes A ou B pour 2,2 % de passoires.

Les 146 maisons, elles, tombent à 4,8 % de A-B et montent à 6,2 % de passoires. Le parc individuel du quartier est ancien, souvent des échoppes ou des maisons de ville qui n'ont pas bénéficié des opérations neuves.

Les murs, encore et toujours

L'enveloppe reste le facteur explicatif principal. Les 889 logements aux murs très bien isolés affichent 78,5 % de classes A ou B et aucune passoire.

Les 585 aux murs insuffisants s'effondrent à 2,4 % de A-B, avec 9,9 % de passoires. Sur le bâti ancien du secteur, souvent en pierre, l'isolation par l'extérieur se heurte au traitement des façades : la toiture, les menuiseries et la ventilation deviennent les postes praticables, à condition d'être hiérarchisés par un audit énergétique.

Ce que nous conseillons avant de vendre

Sur ce marché, l'année de construction prédit l'étiquette mieux que l'adresse. Établissez-la avant tout : elle commande aussi le constat plomb pour les biens antérieurs à 1949, et le repérage amiante pour ceux d'avant juillet 1997.

Si votre logement est raccordé au réseau, c'est un argument commercial mesurable, pas un détail technique. S'il relève du bâti ancien, la comparaison avec le neuf voisin sera faite par l'acheteur : mieux vaut l'anticiper. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse, le secteur étant concerné par le retrait-gonflement des argiles. Les passoires thermiques restent minoritaires ici, mais elles se concentrent sur un segment identifiable.

Questions fréquentes

Belcier est-il vraiment le quartier le mieux classé de Bordeaux ?

C'est le profil le plus favorable que nous ayons mesuré à Bordeaux : 38,3 % de classes A ou B et 2,8 % de passoires dans un rayon de 700 mètres, contre des taux de passoires supérieurs dans les autres secteurs mesurés de la ville.

Ces chiffres correspondent-ils exactement au quartier ?

Non : il s'agit d'un rayon de 700 mètres autour de la rue Belcier, pas du périmètre administratif du quartier. En ville dense, les rayons de secteurs voisins se chevauchent partiellement.

Pourquoi le réseau de chaleur change-t-il autant le résultat ?

Les 778 logements raccordés affichent 90,1 % de classes A ou B, contre 1,1 % pour le gaz naturel. Deux effets se cumulent : le réseau dessert surtout du bâti neuf déjà performant, et son contenu carbone est favorable dans le calcul du DPE.

Mon logement est ancien dans ce quartier, est-ce un handicap à la vente ?

Il faut l'anticiper : les 480 logements antérieurs à 1948 du secteur affichent 9,8 % de passoires et 3,8 % de classes A ou B, face à un neuf voisin à 82,6 % de A-B. L'acheteur fera la comparaison.

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